Parcours littéraire

Un Parcours littéraire sur les traces des écrivains Nantais de souche et de cœur

été 2019

C'est quoi ?


promenade littéraire 
du siècle de coiffard
Dans les pas des écrivains

Été 2019

(…) la forme d’une ville change plus vite, hélas ! Que le cœur des mortels (…)

Charles Baudelaire quand il écrivait Le Cygne en le dédicaçant à Victor Hugo ne se doutait pas que, près de cent cinquante ans plus tard, il inspirerait un des titres majeurs d’un écrivain cher aux Nantais : Julien Gracq.
Cette promenade littéraire que nous vous proposons, à l’occasion du Siècle de Coiffard, est encore une autre forme de la ville de Nantes, intime et sensible, souvent invisible et parfois imperceptible. Avec ce « portrait cartographique »,
singulier et pluriel, libre et inédit, vous pourrez partir sur les traces d’écrivains Nantais de souche, Nantais de cœur ou de passage. Qu’ils soient célèbres ou plus confidentiels, tous participent à redessiner secrètement notre relation au temps et à l’espace de la ville – et donc à une part essentielle de nous-mêmes.
Chacun des vingt-quatre écrivains choisis a une petite histoire à vous raconter en lien avec Nantes, avec l’amour des mots et la littérature.

Cette déambulation sera l’occasion, d’écouter, de lire, de découvrir un territoire riche; à la fois végétal et minéral, historique et contemporain, poétique et littéraire. Des lieux qui ont inspiré, et continuent d’inspirer.
Une façon de suivre en quelque sorte les conseils de Pythagore « Délaisse les grandes routes, prends les sentiers »,
une façon de vous dire : « Bonne promenade littéraire ! »

La Promenade du Siècle de Coiffard a pour noble ambition de se prolonger dans le temps, d’élargir son spectre littéraire dans notre espace urbain (et au-delà). Déjà, à l’heure de boucler cette première déambulation, de nouveaux auteurs et récits apparaissent à l’horizon - qu’il conviendra, dans un souci d’enrichissement, d’intégrer à la prochaine édition.

             

 


Actus


Lancement de la
Promenade littéraire

Au Lieu Unique

Lancement de la Promenade littéraire au Lieu Unique en présence de l’écrivain Julia Kerninon !
Coiffard a choisi 24 écrivains pour raconter une histoire en lien avec Nantes, avec l’amour des mots et la littérature. Originalité(s) du parcours : des extraits audio en écoute libre pour rythmer la découverte, et des boîtes à Lire pour emporter avec soi les mots des auteurs. Demandez le dépliant de la Promenade à la librairie Coiffard !



LE CHAPEAU D’AMÉLIE
Un dispositif sonore pour le SOZO Hôtel

16 JANVIER

Amélie Nothomb est la marraine du Siècle de Coiffard. Mercredi 16 janvier, elle lançait les festivités du Siècle en remettant officiellement l’un de ses fameux chapeaux haut de forme à Benoit Boiteau, le directeur du Sozo. Le chapeau deviendra l’élément central d’un dispositif sonore installé dans la Suite de l’hôtel. Les clients découvriront les extraits sonores des livres de l’auteure sortis comme par magie du chapeau d’Amélie !

Ce dispositif original constitue le premier point d’intérêt du Parcours littéraire en cours de création pour le Siècle. Depuis 10 ans, Amélie Nothomb vient chaque année à Nantes dédicacer ses livres chez Coiffard. Pour elle, la librairie a créé un marque-page collector directement inspiré du livre, Stupeur et tremblements.


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N°1 : Éric Pessan


à écouter

Éric Pessan

Librairie Coiffard

« Ça devrait toujours être comme ça », se souvient, un brin nostalgique, Eric Pessan. En 2001, alors que vient de paraître son premier roman, L’Effacement du monde, il est invité par la librairie Coiffard pour sa première séance de dédicace.
Logé au fond du Tome 1, il voit défiler « tous ses amis, proches et parents, tous les gens qui comptent et qui ont fait l’effort de se déplacer pour me saluer. La librairie n’a pas désempli de l’après-midi », raconte, encore ému et fier, l’auteur de Muette.
Si cette première fois a un goût si particulier, c’est aussi parce que cela constituait l’affirmation de ce qu’il faisait en secret jusque-là : écrire. Arrivé presque par hasard à Nantes en 1989, pour y être objecteur de conscience au centre culturel de Saint-Herblain pendant deux ans, Eric Pessan n’en est plus reparti. La vie et les rencontres, et l’envie d’écrire, l’ont conduit à rester. Et même s’il habite aujourd’hui la campagne environnante et qu’il ne la voit plus tant que cela, la ville a forcément laissé « quelque chose autour de moi, en moi, de manière indéterminée. »

L’Effacement du monde ; Chambre avec gisant ; Muette ; Quichotte, autoportrait chevaleresque


N°2 : André Pieyres de Mandiargues


à écouter

André-Pieyres de Mandiargues

Passage Pommeraye

Qu’il en a inspiré, d’artistes, ce passage couvert de Nantes ! De Flaubert, qui le premier écrivit dessus, à Jacques Tardi, en passant bien sûr par Yves Cosson et Paul-Louis Rossi, tous ont couché sur papier l’admiration que leur procure le passage Pommeraye. Jusqu’à Jacques Demy qui a immortalisé dans Lola ses colonnes de pierre, son architecture métallique, ses verrières, son escalier monumental et ses statues d’enfants. Mais c’est André-Pieyre de Mandiargues, écrivain et poète surréaliste qui reçut le prix Goncourt en 1967, qui en fait le personnage principal, inquiétant et troublant, d’une nouvelle publiée en 1946 dans son recueil de textes fantastiques Le Musée noir. Le narrateur visite le passage et y suit une mystérieuse créature. « Alors j’aperçus cette énigmatique galerie des statues dont le nom évoquait une nécropole obscure habitée par d’immobiles formes blanches. Sous un toit en verrière, d’où tombait obliquement à cette heure tardive la lumière du plein jour, c’est un grand balcon rectangulaire qui entoure, et qui domine, un escalier rapide et très large que l’on voit s’enfoncer vers les profondeurs plus ténébreuses de l’étage inférieur. Quant aux statues, ce sont des figures moroses d’adolescents des deux sexes, espacés à de courts intervalles, qui ornent la balustrade en tournant le dos aux devantures des boutiques. » 

Prix Goncourt en 1967 pour La Marge. Grand prix de poésie de l’Académie française en 1979.


N°3 : Alain Defossé


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Alain Defossé

Rue Crébillon

Né à Nantes en 1957, Alain Defossé décide de monter à Paris pour « devenir Sarah Bernhardt ». Il suit le cours Florent et s’intéresse au jazz. La lecture de L’Affamée de violette Leduc forge sa vocation d’écrivain, mais il consacrera 3 décennies à la traduction. Entre 1990 et 2016, il traduit pas moins de 74 romans dont ceux de John King, Irvine Welsh, Joseph Conolly, Sarah Waters, John Sandford et Lawrence Block. Il est surtout le traducteur talentueux du sulfureux American psycho de Bret Easton Ellis. De retour à Nantes dans les années 90, il livre un portrait subjectif et sensible de sa ville : « Les ports sont ainsi faits pour tester notre capacité à être libre. Cette même sensation, je l’ai retrouvée à Anvers, à Lisbonne les sœurs nordique et méridionale de ma ville ». Alain Defossé est décédé à Paris en mai 2017.
 
Les Fourmis d’Anvers ; Retour à la ville ; l’Homme en habit ; On ne tue pas les gens.


N°4 : Jean Rouaud


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Jean Rouaud

Café Molière

Nantais, l’auteur des Champs d’honneur, prix Goncourt en 1990, ne l’est pas strictement. Né à Campbon, il passe son bac à Saint-Nazaire et arrive à Nantes pour étudier les lettres modernes. Il y fait aussi ses premiers petits boulots dont celui de journaliste. Engagé en 1978 à Presse Océan, il est chargé de rédiger un billet d’humeur publié tous les deux jours avec la consigne de faire « régional et drôle ». Vingt ans plus tard, il en tirera un petit livre très Régional et drôle. S’il quitte la ville au début des années 80 pour Paris, Jean Rouad garde une tendresse pour Nantes « parce que tous mes fondamentaux sont là et [que] je suis sensible à une forme de chic nantais ». Mais surtout, l’auteur a décidé de devoir la vie au Café Molière. Dans Les Hommes illustres, son deuxième roman, il raconte comment, le 16 septembre 1943, une certaine Anne se réfugie dans les caves (fictives ?) du café alors que la ville subit un terrible bombardement. Grâce à cet abri provisoire, la jeune femme a la vie sauve et peut, plus tard, rencontrer un certain Joseph, père, vénéré, de Jean Rouaud, qui, lui, avait refusé d’aller s’y abriter.

Prix Goncourt en 1990 pour Les Champs d’honneur.

Le  Café Molière   
2 rue Racine – Place Graslin à Nantes
02 40 73 20 53
lemoliere.fr 


N°5 : Jacques Vaché


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Jacques Vaché

Hôtel de France, chambre 34

La courte existence de celui qui fut l’un des précurseurs du surréalisme se termine en 1919, dans la chambre 34 de l’Hôtel de France. Il y meurt en compagnie de l’un de ses condisciples, Paul Bonnet, victime d’une overdose d’opium. Il a 24 ans. Elève au lycée Clemenceau (alors Lycée de Nantes) de 1911 à 1914, il fonde en compagnie de Jean Sarment, de Paul Bonnet et de Eugène Hublet, le groupe des Sârs, animés par le même désir de renverser les valeurs de la bourgeoisie et l’amour de la littérature. Entre 1913 et 1914, ils publient leurs premières créations poétiques dans différentes revues, où l’on retrouve déjà les prémisses de procédés littéraires qui seront ensuite utilisés par les surréalistes : l’écriture automatique et le cadavre exquis. Blessé en 1915, Jacques Vaché est rapatrié à Nantes, à l’Hôpital auxiliaire de la rue du Boccage. Il y rencontre André Breton. Très marqué par le jeune homme, le fondateur du surréalisme écrira à Marie-Louise Vaché, en 1949 : « votre frère est au monde l’homme que j’ai le plus aimé et qui sans doute a exercé la plus forte et la plus définitive influence sur moi. » Les lettres de guerre de Jacques Vaché sont publiées pour la première fois in extenso en 2018. 

Les lettres de guerre de Jacques Vaché sont publiées pour la première fois in extenso en 2018.



N°6 : Philippe Forest


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Philippe Forest

Cours Cambronne

Arrivé à Nantes en 1995, Philippe Forest y a vécu complètement pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui, il y enseigne toujours mais partage son temps entre la Loire Atlantique et Paris. S’il a aimé y vivre, Philippe Forest a très peu écrit sur Nantes. Seul son roman Le nouvel amour, paru chez Gallimard en 2007, évoque la ville, et notamment le Cours Cambronne. Il situe le dernier chapitre, et les retrouvailles entre son personnage principal et l’un de ses amours, au pied de la statue du célèbre Général, érigée par la ville après sa mort. Pour autant, la figure de Cambronne n’a pas quitté l’écrivain. Son prochain livre, publié lors de la rentrée littéraire de 2019, est consacré au soldat. Né en 1770 à Nantes, engagé très vite dans l’armée révolutionnaire, Pierre Cambronne a combattu pour défendre Nantes assiégée par les Chouans. Il a notamment livré bataille Place Viarmes. Général de l’armée Napoléonienne, fidèle entre les fidèles, il accompagne l’empereur déchu sur l’Ile d’Elbe, participe aux Cent jours et refuse de se rendre à Waterloo, obéissant à un « héroïsme désespéré qui en fait typiquement un héros français », souligne Philippe Forest. 

L’enfant éternel (prix Femina du 1er roman) ; Sarinagara ; Le Nouvel amour ; Aragon (Goncourt de la biographie)


N°7 : Olivier Bourdeaut


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Olivier Bourdeaut

Square Louis Bureau, Muséum d’histoire naturelle

De Nantes, Olivier Bourdeaut n’en garde pas que de bons souvenirs. « Ville de tous les échecs » pour l’auteur de Bojangles, elle lui a tout de même offert quelques bons moments, dont beaucoup se sont déroulés dans le parc adossé au Muséum d’histoire naturelle. Enfant, il venait s’y chamailler avec son frère et faire la course avec des amis autour de la rotonde d’herbe qui trône en son cœur. Il y a aussi beaucoup joué aux billes et lancé des balles de tennis contre le mur du Muséum. Ses lèvres et une de ses dents, cassée, se souviennent de folles cavalcades sur ces « atroces chevaux de bois montés sur ressort. Au sortir de l’école, une période horrible, aller au parc représentait l’éclaircie de la journée », se souvient Olivier Bourdeaut, qui habitait à quelques encablures de là, rue Copernic. Adolescent, il y a élaboré la « stratégie du banc au soleil ». Renvoyé de l’école, il venait y lire entre le déjeuner et la sortie des classes et choisissait minutieusement les bancs en fonction de leur ensoleillement. Il y a lu toutes sortes de livre, piochés dans l’immense bibliothèque familiale, des Sherlock Holmes à A.J. Cronin, en passant par la biographie de Yannick Noah ou d’hommes politiques. Un peu plus tard, au matin de soirées bien arrosées et avant le déjeuner dominical, et familial, il allait faire une sieste sur la pelouse du parc pour « reprendre des forces et un visage humain ». Il lui est même arrivé d’escalader les grilles la nuit pour « boire des bières et faire des jeux d’alcool stupides » avec d’autres amis. Mais pour Olivier Bourdeaut, le square Louis Bureau reste aussi associé à un sentiment très particulier. « A partir de 14 ans, passer devant la loge du gardien, que l’on avait baptisé Gargamel et qui nous faisait un peu peur, est devenu très intéressant. Il y trônait, au milieu de la saleté, un calendrier érotique qui laisse en moi, encore aujourd’hui, des sentiments mitigés. » 

Grand prix RTL Lire pour En attendant Bojangles traduit dans 36 pays.


N°8 : Gustave Flaubert


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Gustave Flaubert

Cathédrale de Nantes

En 1846, Gustave Flaubert et son ami Maxime Du Camp chaussent leurs souliers et partent en expédition dans les terres bretonnes. Au cours du voyage, ils s’arrêtent à Nantes, une ville qui retient l’attention des deux compères. « Ce qui prouve que Nantes ne nous a pas ennuyés, c’est que nous étions sur le point d’en partir quand nous nous sommes dit qu’il fallait cependant la voir », écrivent-ils dans Par les champs et les grèves, le livre tiré de ce périple et d’abord imprimé à deux exemplaires. Descendus à l’Hôtel de France pour une semaine, ils visitent tous les lieux attendus de la ville, dont la cathédrale. Si les deux amis apprécient la vue du haut du bâtiment, qui « récompense de vous être essoufflé à grimper les escaliers », le reste de l’édifice n’a que peu de grâce à leurs yeux. « La cathédrale est dans le goût anglais du XVe siècle tout chargé de ciselures épaisses, tout alourdi des enjolivures stériles du gothique en décadence, et vilaine à l’extérieur, trop courte à l’intérieur […]. » Mais, « chose vraiment belle », le tombeau de François II et de Marguerite de Foix, les séduit. « Ils sont tous les deux dans leurs beaux costumes du temp, couronne ducale en tête, étendus sur le marbre, ayant au pied, le duc, un lion, la duchesse, un lévrier. »

Par les champs et les grèves, le livre tiré de ce périple breton, sera d’abord imprimé à deux exemplaires.


N°9 : Julien Gracq


à écouter

Julien Gracq

Lycée Clémenceau

Qui, plus que Julien Gracq, a marqué l’histoire de Nantes ? Pourtant, l’auteur du Rivages des Syrtes, prix Goncourt en 1951 - qu’il a refusé -, n’aura vécu qu’assez peu de temps à Nantes. Né à Saint-Florent-Le-Veil en 1910, il fait ses études secondaires au lycée Clemenceau, de 1921 à 1928, où, écrit-il, « il y a davantage rêvé entre 11 et 18 ans que dans tout le reste de sa vie. » Pensionnaire, il sort peu du lycée mais paradoxalement, c’est pendant cette période que s’imprime en lui la marque de Nantes, de ses rues et de ses paysages. Bien plus que lorsqu’il reviendra y enseigner. Un souvenir qu’il invoque, évoque et confronte des années plus tard dans la Forme d’une ville. Publié en 1985, cet essai majeur se veut bien plus qu’un portrait géographique de Nantes. Julien Gracq y montre comment la ville l’a formé et comment lui, « plus libre que j’étais par ma réclusion de prendre mes distances avec ses repères matériels, je l’ai remodelée selon le contour de mes rêveries intimes, je lui ai prêté chair et vie selon la loi du désir plutôt que selon celle de l’objectivité. » En cheminant au gré des pérégrinations de Julien Gracq, on jette un nouveau regard sur la Place de Bretagne, la rue du Marchix, le tramway, le quartier Graslin, l’ile Feydeau, le port, le parc de Procé et les lisières de la ville, ou l’Erdre. On y apprend aussi qu’une ligne de chemin de fer traversait la ville. Ouvrage majeur Nantes, La Forme d’une ville constitue le meilleur guide pour (re)découvrir Nantes, en goûter son aspect sensible et en sentir son pouvoir.

Julien Gracq refuse le prix Goncourt qui lui est attribué en 1951 pour Le Rivage des Syrtes.


N°10 : Marc Elder


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Marc Elder

Château des ducs de Bretagne

Né à Nantes en 1884, Marc Elder, de son vrai nom Marcel Tendron, souffle le prix Goncourt à Alain-Fournier et à Marcel Proust en 1913. Après 11 tours, les jurés du plus célèbre prix littéraire lui octroient la palme pour son roman Le Peuple de la mer, devant Le Grand Meaulnes et Du côté de chez Swann. Une distinction chèrement payée. Dès réception du prix, il est victime d’une cabale parisienne qui le pousse à s’installer définitivement à Nantes en 1918. Il devient alors une figure majeure de la vie culturelle nantaise. Secrétaire délégué de l’action municipale aux beaux-arts en 1921, il fait notamment entrer aux Musée des beaux-arts des tableaux de Signac, de Dufy et une toile issue de la série des Nymphéas de Claude Monet. C’est en 1924 qu’il est nommé conservateur du Château des ducs de Bretagne. Homme de culture dévoué à sa ville, Marc Elder écrivit un guide historique sur le Château des ducs de Bretagne (1923) mais aussi une trilogie nantaise publiée entre 1924 et 1932 (La Maison du pas périlleux, La Belle Eugénie, Les Dames Pirouette). Il est également à l’origine de l’album Le quai de la Fosse à Nantes, paru en 1932.

Prix Goncourt en 1990 pour Les Champs d’honneur.


N°11 : Julia Kerninon


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Julia Kerninon

Scènes Slam, Lieu unique

C’est à Nantes, où elle a habité jusqu’à ses vingt ans, que Julia Kerninon a vécu l’un des « moments les plus importants de sa vie ». Plus précisément au bar du Lieu unique. De 2001 à 2004, alors que le genre arrive tout juste en France, il s’y tient chaque jeudi soir des scènes slam, réunion d’artistes multiples, écrivains, musiciens ou rappeurs. Elle a 15 ans et décide d’y participer. Elle écrit déjà. Mais confronter ses textes à un public, travailler ce rapport à la langue orale et rencontrer des gens plus lettrés qu’elle lui ont permis d’apprendre « au moins la moitié » de ce que l’auteur de Buvard et de Ma dévotion sait aujourd’hui. De ces performances, elle a notamment conservé quelques textes mais surtout l’exigence que tout ce qu’elle écrit doit pouvoir être lu à voix haute. Depuis deux ans, Julia Kerninon vit à nouveau à Nantes. 

Buvard (prix Françoise Sagan) ; le Dernier amour d’Attila Kiss ; Ma dévotion (Prix de l’Académie Littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire 2019).


N°12 : Pierre Michon


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Pierre Michon

Le Jardin des plantes.

Nantais pendant des années, Pierre Michon n’a jamais écrit une ligne sur cette ville, qu’il a à la fois « aimée et détestée », comme toutes les villes que l’auteur des Vies minuscules a habitées. « Le Quai de la Fosse, les mythologies maritimes, les mille chansons qui ont fait résonner le nom de Nantes, du haut de la butte Sainte-Anne la vue sur les grandes grues jaunes, les maisons scélérates et superbes des négriers, le petit escalier qui va de la place du Bon Pasteur à la Place Royale, la pensée que Gilles de Rais et Jacques Vaché y sont morts, que Carrier y a tué sans dessaouler pendant trois mois, et dans ma ligne de tramway, le salut aux morts répété cent fois par jour par une voix enregistrée, à l’arrêt éponyme : Cinquante otages, voilà le bel aspect de Nantes », disait-il dans un entretien accordé en 2001 à son ami Alain Girard-Daudon. Mais Nantes, pour Pierre Michon, c’est aussi le Jardin des plantes et son manège Tournicoton, installé à l’entrée. L’écrivain y a passé de longues après-midis d’hiver à s’y ennuyer, suivant une routine bien établie avec sa fille : déjeuner le midi au Café du Jardin des plantes puis arrêt chez les canards pour leur donner à manger avant de stationner devant Tournicoton. C’est aussi là que Pierre Michon a « ajusté » qu’il fallait vieillir, lorsque l’homme qui tenait le manège, et qui avait le même âge que lui, a pris sa retraite. 

Les Vies minuscules ; Rimbaud le fils ; La Grande beune ; les Onze.


N°13 : Henri Lopes


à écouter

Henri Lopes

107 rue de Coulmier

Incontournable des lettres africaines, père en littérature pour des écrivains comme Alain Mabanckou, l’auteur de Le Pleurer-rire a passé toute son adolescence à Nantes. Envoyé en 1949 par son père adoptif étudier au lycée Clemenceau, le futur premier ministre de la République démocratique du Congo s’y retrouve pensionnaire et désespérément seul. Attristée par cette situation, la mère de Pierre Perron le prend sous son aile. Il sera alors accueilli tous les week-ends et pendant les vacances dans la famille de l’artiste nantais. Très vite complices jusqu’à se considérer comme des frères de lait, les deux garçons se retrouvent souvent dans la maison du grand-père de Pierre Perron, au 107 rue Coulmier, lieu de jeux, de découvertes et où « une bonne ambiance y régnait », se souvient Pierre Perron, pour qui la compagnie de Henri Lopes a constitué une véritable « ouverture » vers le monde. Séparés par la distance - Henri Lopes est retourné au Congo après ses études pour y mener une carrière d’homme politique, de diplomate et d’écrivain -, les deux amis ont toujours gardé le contact. 

Tribaliques; Il est déjà demain; Le Pleurer-rire. Grand prix littéraire d’Afrique Noire. Grand prix de la francophonie.


N°14 : Amélie Nothomb


à écouter

AMÉLIE NOTHOMB

SOZO Hôtel

Chaque deuxième mercredi de janvier, Amélie Nothomb est à Nantes. Elle vient rencontrer ses lecteurs et dédicacer son dernier livre, sorti quelques mois plus tôt lors de la rentrée littéraire. Très demandée, elle ne reste jamais à Nantes et repart par le dernier TGV. Mais le 10 janvier 2013, elle reste exceptionnellement et découvre, grâce à la librairie Coiffard, le Sozo Hôtel. Tellement séduite par la décoration originale de l’hôtel, elle y fait dormir les personnages de Riquet à la houppe trois ans plus tard. Comme elle aime aussi déjeuner à la Cigale, le célèbre restaurant nantais aura peut-être l’honneur de figurer dans l’un de ses prochains livres.

Réservation de la Suite au Chapeau sur sozohotel.fr
Hygiène de l’assassin ; Stupeur et tremblements ; Métaphysique des tubes ; Riquet à la houppe

SOZO HÔTEL  
16 rue Frédéric Cailliaud (près du Jardin des Plantes) – 44000 Nantes
Tél : 02 51 82 40 00
SOZOHOTEL.FR 

     


N°15 : René-Guy Cadou


à écouter

René Guy Cadou

5 quai Hoche et Cimetière de la Bouteillerie

Né à Sainte-Reine de Bretagne en 1920, René-Guy Cadou arrive à Nantes au début des années trente. Il habite l’école primaire du 5 Quai Hoche, dans laquelle son père enseigne. « C'était un lieu d'écriture absolument décisif pour lui. Ici, il a eu le malheur de perdre sa mère, le 30 mai 1932. C'était une blessure déterminante, dont il ne s'est jamais remis, mais qui a été source de poésie. Grâce à sa maman, il s'est mis un jour à écrire », explique sa femme Hélène Cadou. Il y regardait aussi arriver les malades transportés à l’hôpital installé juste en face de l’école. En hommage à ce balai de brancards, René Guy Cadou intitule son premier recueil de poésie Les Brancardiers de l’aube, qu’il publie à 16 ans. Atteint d’un cancer, il meurt en 1951, à l’âge de 31 ans, à Louisfert, et repose au cimetière de la Bouteillerie. Sa femme le rejoint en 2014.

Années lumière ; Pleine poitrine ; Hélène ou le Règne végétal


N°16 : Paul-Louis Rossi


à écouter

Paul Louis Rossi

La petite Amazonie / La médiathèque Jacques Demy

Paul Louis Rossi est né un jour de novembre 1933 à Nantes, d’une mère bretonne et d’un père italien originaire de Venise. En 1943, celui-ci est arrêté et exécuté par les Allemands à Tübingen. Paul-Louis vit dans les faubourgs de l’est, dans le quartier populaire de Doulon, où habitent ses grands-parents maternels Le Quéffélec qui parlent le breton de la Cornouaille. « Un jour [il prit] un de ces tramways jaunes qui sillonnaient la ville » et découvrit « l’univers du centre ». Il s’attacha alors à en explorer «patiemment les détours, le paysage et les mythologies ». Paul Louis Rossi fait de Nantes un espace littéraire comme Dublin le fut pour Joyce, Trieste pour Svevo, Prague pour Kafka (Agnès Marcetteau-Paul).

La Voyageuse immortelle ; Potlatch ; Inscapes ; Faïences (prix Mallarmé) ; L’Ouest surnaturel




N°17 : Jean-Claude Pinson


à écouter

Jean-Claude Pinson

1 boulevard Alexandre Millerand (Île de Nantes)

Du 13e étage d’une des Tours Vulcains, Jean-Claude Pinson aime à contempler Nantes. La ville étant plutôt basse, la vue y est donc dégagée. Le poète et philosophe voit ainsi le pont de Cheviré, la Loire et surtout les transformations du paysage. Mais ce qu’il aime aussi, dans ce quartier situé à l’Ouest de l’Île de Nantes, c’est sa mixité. Vu par Julien Gracq comme un espace déclassé, de seconde zone, le lieu est aujourd’hui « l’un des plus branché et des plus colorés de la ville », estime Jean-Claude Pinson, dont tous les recueils de poésie ou les récits ont un rapport avec Nantes. Là, publié en 2018 chez Joca seria, revient ainsi sur les lieux marquants et les souvenirs du poète, déambulant entre les Tours Vulcains, la Place de la République, le Lieu Unique, le lycée jules Verne, où il a fait sa scolarité, ou le stade Malakoff, haut lieu du rugby avant la guerre et devenu depuis le stade Marcel-Saupin.

J’habite ici ; Free jazz ; Là. Membre fondateur de la revue urbaine, Place Publique.


N°18 : Michel Chaillou


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Michel Chaillou

Place de Bretagne et Trente-Moult

Auteur d’une œuvre conséquente, 27 livres qui lui valurent, en 2007, le Grand Prix de littérature de l’Académie Française, Michel Chaillou est né à Nantes en 1930. Il y vit une enfance tumultueuse, qu’il raconte d’abord de manière romancée dans La Croyance des voleurs (1989) avant de la décrire de manière plus tragique dans 1945 (2004), où il évoque les amours illicites de sa mère, Eva, pendant la Seconde Guerre mondiale. Fils de très jeunes parents, qui se séparent très vite après sa naissance, il est élevé par ses grands-parents paternels. Mais c’est auprès de sa grand-mère maternelle, Alice, figure fantasque des quartiers populaires de Nantes, qu’il passe des après-midis sur la Place de Bretagne où se tenait alors une brocante. Réfugié à Chantenay pendant la guerre, il prenait souvent le bateau pour se rendre à Trente-Moult visiter ses nombreuses guinguettes. A la libération il quitte Nantes pour Casablanca. Il y reviendra de manière régulière jusqu’à sa mort en 2013.

Michel Chaillou a écrit 27 livres. Il reçoit en 2007 le Grand Prix de littérature de l’Académie française.


N°19 : Stendhal


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Stendhal

Hôtel de France

Voyageur infatigable, Stendhal effectua deux séjours à Nantes, en 1837 et en 1838. Il s’arrête à chaque fois à l’Hôtel de France, un endroit « magnifique » où il a « une belle chambre qui donne sur la place Graslin ». Avare d’éloges pour tout ce concerne la province, et notamment les villes éloignées du bord de mer, Stendhal reconnait à Nantes le caractère d’une « belle ville », où les boutiques « ont la plus belle apparence ». Comme Flaubert, il en visite tous les monuments attendus et assiste même à une représentation au théâtre Graslin. Mais le souvenir impérissable que Stendhal conserve de Nantes, c’est la figure d’une apparition. Alors qu’il remonte la Loire, une ravissante demoiselle, affublé d’un chapeau vert, couleur des partisans du roi déchu Charles X, rejoint son bateau. « J’en suis resté immobile et ébahi à regarder ; ce n’était rien moins qu’une des plus belles têtes que j’ai rencontrées de ma vie », écrit Stendhal. Il passe les deux heures que dure la promenade à contempler l’apparition, et hésite même à la suivre à la descente du bateau. La jeune fille, identifiée comme étant Victoire Elisabeth Gigqueau, apparentée à l’une des principales familles de Nantes, les Crucy, aurait inspiré, si l’on en croit la légende, l’héroïne du dernier roman, inachevé, de Stendhal, Lamiel.

Le Rouge et le noir ; La Chartreuse de Parme ; Mémoires d’un touriste ; Lucien Leuwenn


N°20 : Yves Cosson


à écouter

Yves Cosson

Île de Versailles (à la recherche du cerisier)

Né en 1918 à Chateaubriand, Yves Cosson arrive à Nantes en 1946. Diplômé de Normale Sup, il est nommé professeur de lettres au Collège moderne. Grâce à son ami très proche, l’auteur Thomas Narcejac, il fait notamment la connaissance de René Guy et Hélène Cadou. En 1964, il intègre la faculté des lettres où il enseigne jusqu’à sa retraite en 1984. Nantes, Yves Cosson en a été l’infatigable piéton. Il aimait la conter et la poétiser. De ses pérégrinations nait notamment l’anthologie Nantes au cœur (2006). Parmi les endroits qu’il aimait fréquenter, l’Île de Versailles occupe une place à part. Il y emmenait ses deux enfants, Yves-Marie et Annaïg, s’y promener. Il aimait à s’asseoir sous les frondaisons pour contempler l’Erdre, sur laquelle il a beaucoup écrit. Mais l’Ile de Versailles avait un autre attrait pour Yves Cosson : La maison de l’Erdre. Inspiré d’un pavillon de thé japonais, le bâtiment sert de cadre à des expositions, son autre « folie » après les livres. « Il adorait aller y voir des expositions », se souvient sa fille. En souvenir du poète, la légende veut qu’un cerisier ait été planté sur L’île de Versailles en 2008. Aujourd’hui, sa trace est perdue.
(Défi : le retrouver ?)

Nantes au cœur; Miroiteries de l’infini; Gramophone enroué


N°21 : Thomas Giraud


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Thomas Giraud

Pont de la Motte-rouge, promenade au bord de l’Erdre

Parisien de naissance, Thomas Giraud est arrivé à Nantes à 34 ans, pour le travail, après trois années passées dans la Marne. Et pour rien au monde, il ne quitterait cette ville. Parce qu’il y a de l’air, salé par la mer, et qu’on y voit le ciel. Parce que la Loire obéit aux marées, que le poisson y est frais et les langoustines encore vivantes. Parce que la ville est faite pour se déplacer à bicyclettes et marcher. Or, la marche, notamment le long de l’Erdre, compte beaucoup dans l’écriture de Thomas Giraud. « Elle apporte quelque chose dans le rythme et contribue à certains dénouements », explique l’écrivain, pour qui cette balade au bord de l’Erdre, qui démarre juste après le Lieu unique, fait aussi écho à Julien Gracq, qui habitait non loin de là, et à Giono. Et peu après l’Île de Versailles, au niveau du pont de la Motte-rouge, le chemin prend une saveur particulière. « Un peu après l’usine Lu, on quitte progressivement la ville, l’environnement s’ensauvage, on y marche dans la boue à l’automne et au printemps et l’image de Nantes s’adoucit », dépeint Thomas Giraud. Au détour du sentier, vous aurez peut-être la chance de l’y croiser, lui qui fréquente encore presque quotidiennement les lieux.

Élysée, avant les ruisseaux et les montagnes ; la Balade silencieuse de Jackson C.Frank


N°22 : Jules Verne


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Jules Verne

4, Cours Olivier Clisson ; 2 Allée Jean Bart ; Quai de la fosse, place du Commandant l’Herminier ; Musée Jules Verne

« Il y a cette circonstance que je suis né à Nantes, où mon enfance s’est toute entière écoulée ». Le plus illustre des écrivains nantais a trouvé dans sa ville de naissance, qu’il quitte à vingt ans, la source de ses rêves et le creuset de l’inspiration de ses Voyages extraordinaires. La Loire et ses îles, le port et ses bateaux ont notamment façonné son imaginaire et alimenté son envie d’ailleurs. Né au cœur de l’Ile Feydeau, au 4, Cours Olivier Clisson, il se rapproche du port dès son plus jeune âge. Alors qu’il a un an, sa famille déménage au 2, Quai Jean Bart, à proximité du magasin Au rat goutteux, qui inspira à l’écrivain le conte Les Aventures de la famille raton. L’enseigne de l’échoppe de textiles est toujours visible à l’angle du Cours des Cinquante otages et de la rue de la Barillerie. Mais c’est au port de Nantes que le jeune Jules rêve de longs voyages et se prend de passion pour les voiliers accostés Quai de la Fosse. A tel point qu’un jour, à onze ans, il s’embarque en cachette sur un long-courrier, La Coralie. La légende, toujours elle, veut que son père le rattrape à Paimboeuf et le ramène sur la terre ferme. Dès lors, c’est grâce à sa plume qu’il fera ses plus étonnants voyages.  



N°23 : André Breton


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André Breton

Parc de Procé et Lycée Guist’hau (ancien Hôpital pendant la Première Guerre mondiale), rue du Boccage.

Le surréalisme doit beaucoup à Nantes. Si Breton n’y avait pas rencontré Jacques Vaché, qui sait si le mouvement aurait vu le jour. Les deux hommes font connaissance en 1916 à l’hôpital de la rue du Boccage, qui abrite aujourd’hui le lycée Guist’hau. André Breton y est interne et Jacques Vaché y est soigné pour une blessure au mollet. Leur rencontre est décisive. Elle « entraîne la révision de la plupart de mes jugements antérieurs », indique André Breton dans un livre d’entretiens publié par Gallimard. C’est aussi au cours de ses promenades qui le mène, chaque après-midi, de l’hôpital au parc de Procé, qu’il voyage en symbiose avec Rimbaud. Indubitablement attaché à Nantes, André Breton lui rend hommage dans son œuvre phare, Nadja. « Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brulent pour eux-mêmes de trop de feux […], où pour moi, la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes d’où peuvent encore me venir des amis, Nantes où j’ai aimé un parc : le parc de Procé. »

Les Champs magnétiques ; Nadja ; Manifeste du surréalisme.


N°24 : Alain Mabanckou


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Alain Mabanckou

Librairie Coiffard

Alain Mabanckou passe son enfance et son adolescence à Pointe Noire (Congo Brazzaville). Après un baccalauréat en Lettres et philosophie, il obtient une bourse d’étude et s’envole pour la France à l’âge de 22 ans emportant avec lui, ses premiers manuscrits et recueils de poèmes. Nantes est la première ville d'Europe où il étudie (le droit). De cette période, Alain Mabanckou confie qu'il aimait fréquenter la librairie Coiffard : « J’ai gardé et je garde encore un souvenir très fort de mes passages à la librairie Coiffard. Étudiant à Nantes je la fréquentais, lisant à la dérobée les romans — je n’avais pas trop de moyens pour en acheter. Mais je me sentais chez moi, personne ne me dérangeais, et j’étais alors loin de m’imaginer que mes livres seraient un jour placés dans cette belle librairie. Depuis ce temps, je respecte toujours les lecteurs anodins qui viennent lire dans une librairie. Il y a certainement parmi eux les écrivains de demain ». En 1998, paraît son premier roman Bleu-Blanc-Rouge qui lui vaut le Grand prix littéraire de l’Afrique Noire. Ses œuvres sont traduites aujourd’hui dans une quinzaine de langues. Depuis 2007,  il est professeur de littérature francophone à l’Université de Los Angeles.

Vert cassé ; Mémoires d’un porc-épic (Prix Renaudot) ; Black bazar ; Le sanglot de l’homme Noir ; Les Cigognes sont immortelles



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